Huit Clos à partir de Lundi....

Il fallait s’y attendre. Depuis quelques semaines, les indicateurs de la situation épidémique se dégradaient. Et si le Gers ne fait pas partie des départements passant sous couvre-feu, le préfet Xavier Brunetière a expliqué vendredi après-midi que "l’aggravation se poursuit sur le territoire et que des dispositions nouvelles sont nécessaires dans le but de réduire les situations favorables aux contaminations".

Le préfet a donc pris, après des échanges avec les services de santé et les élus locaux, des décisions supplémentaires « extrêmement dures » dans le but de réduire les rassemblements sans masque. 

Le sport sous huis clos

"À partir de lundi 26 octobre, toutes les épreuves sportives, entraînements comme match, se tiendront sans public, c’est-à-dire à huis clos, a-t-il annoncé. De plus, à partir de vendredi minuit, il est interdit de consommer des boissons et de se restaurer lors d'évènements sportifs, de foires, salons et de marchés et dans un rayon de 50 m autour de ces évènements. Enfin, l'utilisation des vestiaires dans les enceintes sportives est limitée à six personnes à la fois."

Les manifestations culturelles peuvent quant à elles toujours accueillir du public, avec des protocoles très stricts : pas de spectacle debout, distanciation entre les groupes, pas plus de 6 personnes par groupe, port du masque obligatoire. "Nous sommes très vigilants concernant l'organisation de ces évènements, assure le préfet du Gers. Et nous allons accroître notre vigilance."

Ces mesures surviennent alors que depuis le début du mois d'octobre, l'Agence régionale de santé (ARS) constate une accélération forte du nombre de cas. "Vendredi matin, le taux d'incidence provisoire s'élevait à 152.6 cas pour 100 000 habitants, affirme Jean-Michel Blay, délégué départemental de l'ARS. Le seuil d'alerte renforcée se situe à 150 cas pour 100 000 personnes. Il est donc dépassé". Le taux de positivité (nombre de cas positifs sur le nombre de personnes testées) s'élève quant à lui ce vendredi à 9.8%.

Les 20-30 ans sont les plus touchés par la maladie avec un taux d'incidence de 352.5 cas pour 100 000 personnes. Ce taux est à 132.1 cas pour 100 000 habitants pour les 80-90 ans, un chiffre qui dépasse le seuil d'alerte des plus de 60 ans (fixé à 100 cas). "Au vu de toutes ces données, la situation est donc assez grave", estime le délégué de l'ARS.

Et si les taux d'incidence et de positivité varient d'un jour à l'autre, la tendance est nettement à la hausse dans les hôpitaux du Gers. "Entre fin septembre et aujourd'hui, le nombre de personnes hospitalisées a presque doublé", rappelle Jean-Michel Blay.

Vendredi, 21 personnes étaient hospitalisées dans le département. "Le service de réanimation du Centre hospitalier d'Auch compte 8 lits, dont trois sont occupés par des patients du coronavirus, explique Jean-Michel Blay. À partir de quatre patients Covid+, le service se transforme en service Covid-19 et jusqu'à quatre lits supplémentaires peuvent être installés." Au printemps dernier, le service de réanimation avait accueilli au plus fort de la crise six patients.

Ces nouvelles mesures viennent s'ajouter à celles prises par le préfet le 17 octobre, suite à la mise en place de l'état d'urgence sanitaire sur tout le territoire français. "Le mois de novembre sera très difficile en France mais aussi dans le Gers, assure Xavier Brunetière. Nous devons poursuivre nos efforts."